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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 16:56

237579_8b8d535b9de417e3267e404bee197af6.jpg« C’est donc cela, la vie d’adulte : construire des châteaux de sable, puis sauter dessus à pieds joints.  »

 

Je  suis allée voir «  L’Amour dure trois ans  » il y a quelques semaines.  Comme prévu et envisagé bien en amont, le film est une daube… Je m’en doutais : j’en ai eu confirmation. Au moins tout le monde sera d’accord, ça vaut le coup d’y aller pour la « plastique plastique » de Louise Bourgoin, l’air tombé du lit de Gaspard Proust (que je mettrais bien dans mon nid d’ailleurs) et Joey Starr en homosexuel « pas pd ». Bref, c’est mielleux, c’est cucul et ça ne casse pas trois pattes à un canard. Le film dieu merci ne dure pas trois ans ni trois heures non plus.

Pas de chance non plus, le visionnage dudit film ne pouvait pas tomber pire (ou mieux c’est selon). J’ai toujours eu le parti pris de ne pas raconter trop ma vie (en tout cas sur le blog) mais ce bouquin me tient tellement à cœur, que je vais faire entorse à la règle.

Oui, non, car le reste du temps,  « avoir une diarrhée verbale » sur ma vie (dixit ma charmante sœur), est un passe-temps favori auquel je m’adonne plus que volontiers et qui semble en plus, faire le bonheur de tout un tas de personnes fort sympathiques.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos brebis égarées. « L’Amour dure trois ans » est dans le top 3 de mes livres préférés. Alors oui, on dira ce qu’on veut de Beigbeder : son cynisme de bourgeois décadent, ses romans  comme  des remontées d’acide après une gueule de bois VIP, sa fausse humilité de moche qui a de l’argent… Moi j’adore. Pourtant je n’ai aucun doute sur le fait que ce type doit surement être un sale con. Malgré tout, quand je lis ses livres, je me dis souvent « Fait chier » : j’aurais bien écrit la même chose.

Quand j’ai découvert ce bouquin, je sortais de mon divorce et j’ai eu la révélation de ma vie. Adieu, les guides de développement personnel, les « dévorages » de féminins féministes, les conseils éclairés de mes proches. Beigbeder avait mis son œil au judas et décrypté mot à mot l’angoisse que je ressentais dans mes derniers instants de femme mariée. J’étais une sorte de Marc Marronnier en jupons. Les doutes, les regrets, la cupabilité : tout. Défilant sous mes yeux, au fil des pages, devant moi : noir sur blanc.

Mon amour avait sans doute duré trois ans, après notre couple avait sombré dans le confort, le pratique, l’aveuglement et l’ennui. Chacun a pris ses rêves sous le bras et est parti escalader des montagnes d’avenir différentes. Quel échec, quel gâchis… Cette sensation de gant Mappa, je l’ai ressentie malgré moi. J’arrivais ensuite désabusée à des mariages pour finir par lâcher un cynique et pathétique « un mariage sur deux fini en divorce : c’est le quatrième auquel j’assiste ». Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même : au grand banquet de la vie, j’avais débarrassé mon couvert la première. Artisane de mon propre malheur et responsable de celui des autres : j’apprenais ainsi que la double peine n’avait pas été supprimée partout...

On pourra dire ce qu’on veut, je n’arrive pas à couper les ponts avec les gens que j’ai aimé. Trop peur qu’ils s’en aillent avec mes secrets aux quatre coins du monde ? Non. Plutôt l’impression qu’on m’arrache un doudou virtuel.  Se séparer des gens, c’est un peu mourir,  un vrai déchirement… Alors, tant que faire ce peu, je maintiens  parfois à coups d’électrochoc une relation qui n’a peut-être plus lieu d’être. J’ai une peur bleue de l’oubli, de l’abandon, un besoin oppressant d’exister et de dire « Je suis la » comme si mon mètre 77 n’était pas suffisant pour qu’on ne voit que moi dans le paysage …

Bref. J’ai eu 30 ans ce week-end, comme ils le disent si bien sur Canal +,  et j’ai encore des angoisses de petite fille de 8 ans qui a peur du noir…  Je suis une toxico qui se nourrit de bouffées d’amour 2.0. Ce qu’il y a de frustrant c’est que j’aimerai pouvoir me targuer avec panache d’avoir un style de vie hors du commun, mais je viens juste grossir les rangs de cadres trentenaires aussi peu originaux que déboussolés.

En tout cas, j’ai appris une chose. L’amour ne dure pas trois ans, ni le désir d’ailleurs. L’amour dure toujours trop longtemps pour celui n’aime plus et jamais assez pour celui qui aime.

Par Alix - Publié dans : Ma vie est passionnante - Ecrire un commentaire
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